Acheter le vin d’un millésime de votre date de naissance

28.07.2016

Il est une question que l’on nous pose souvent en cours d’oenologie à Paris ou ailleurs : quel vin acheter dans le millésime de naissance de mon / mes enfant(s). Vitis Concilium vous livre ci-dessous quelques conseils pour ne pas vous tromper. Il s’agit de conseils généralistes et revendiqués comme tels.

Conseils pour choisir le vin d’un millésime de naissance

La météo a chaque année une grande influence sur la qualité des vins produits. La vigne a besoin d’eau au printemps pour remplir les nappes phréatiques et de lumière en été (pas forcément de grosses chaleurs) pour lui permettre de faire sa photosynthèse. Mais attention, ça n’est pas tout. Les choix que font les vignerons tout au long de l’année ont également une incidence sur la qualité du vin : le choix de la date de vendange en est un parmi tant d’autres.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, nous avons en tête un bon vigneron de Sancerre qui a mieux réussi son blanc 2013 que son 2014 alors que sur le papier ce dernier millésime était plus propice à faire un grand vin de cette couleur. Les exemples en la matière ne manquent pas. C’est en cela que les conseils prodigués ci-dessous restent dans les grandes lignes et ne rentrent pas dans le détail de chaque producteur.

Dernier détail d’importance : contrairement à l’idée souvent répandue, il n’y a pas que les rouges qui sont des vins de garde. Certains grands blancs se conservent facilement 15 à 20 ans et s’abonnissent durant cette période. Quant aux vins moelleux, ils sont le meilleur des choix pour qui veut ouvrir la bouteille plusieurs décennies après la vendange.

Quel vin acheter en …

2005 est un millésime qui a particulièrement été favorable aux rouges des trois grandes régions viticoles françaises (Bordeaux, Bourgogne et Rhône). Les plus malins s’intéresseront aux rouges du Beaujolais et de Loire où ils trouveront des pépites. Les becs à sucre trouveront aussi leur bonheur avec les moelleux de cette dernière région.

2006 a bien réussi aux rouges du Rhône Nord (entre Vienne et Valence) et de Provence (souvent méconnue du grand public l’appellation Bandol y a produit de très grands vins).

2007 est une année d’anthologie pour les blancs d’Alsace. Le Rhône Sud (en dessous de Montélimar), la Provence et le Languedoc-Roussillon sont les quatre régions qui ont été les plus favorables aux vins rouges. Deux mille sept est aussi une très grande année pour les moelleux de Bordeaux et du Sud-Ouest.

2008 est un millésime où les blancs sont vraiment sortis du lot. En Alsace, en Bourgogne et dans la Loire ont été produites de petites merveilles d’équilibre taillées pour la garde.

2009 a été encensé partout. Ce n’est pourtant pas une opinion que nous partageons car ce fut un millésime quasi caniculaire. Les rouges de la rive gauche de Bordeaux, du Beaujolais et du Rhône Nord sont les plus réussis (sans être caricaturaux). Les moelleux de Loire valent également le détour.

2010 c’est l’école de fans ! C’est très bon presque partout (à part, semble-t-il en Champagne) et toutes couleurs confondues. Certains diront que nous ne sommes pas très objectifs mais nous assumons que ce soit notre millésime chouchou.

2011 n’est pas de la même trempe que son prédécesseur. Bordeaux blancs et Languedoc-Roussillon rouges ont su sauver la face.

2012 est comme 2008 une année très favorable aux blancs de tous horizons. Les Rhône rouges sont ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu.

2013 est comme 2011 un millésime assez difficile. Les Bordeaux blancs et les Provence rouges sont les vins auxquels s’intéresser en priorité. Il y a tout de même des blancs et des rouges dignes d’intérêt à découvrir en Bourgogne à condition d’être sélectif.

2014 est aussi une grande année pour les blancs. De Bordeaux à la Bourgogne, en passant par la Loire et le Rhône les acidités sont là pour faire d’excellent blancs de garde.

2015 est un peu l’inverse de 2014 : une année surtout favorable aux rouges de Bourgogne, du Rhône, de Bordeaux, et de Loire. Il est encore un peu tôt pour le dire, au moment où nous écrivons ces lignes, mais les moelleux de Bordeaux, du Sud-Ouest et de Loire pourraient être également de très grands vins pour les domaines qui ont su préserver les acidités.

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