Apprendre à bien déguster : 3 clichés et aprioris sur le vin à combattre

10.03.2022

Le vin soulève beaucoup de questions. Nous faisons ci-dessous un tour des clichés, aprioris, erreurs et questionnements autour du vin. Et cela de l’achat de bouteilles jusqu’au service de celles-ci, en passant par l’idée que chacun se fait d’un grand vin. Tous nos conseils pour apprendre à déguster.

Quel est l’apriori sur le vin que tu constates le plus lors d’achats de bouteilles ?

Nos compatriotes, bien qu’ayant grandis dans LE pays du vin, font leurs choix de bouteilles -et plus particulièrement un cadeaux vin– en s’en remettant qu’à des marques ou des appellations connues. Les marketeurs appellent ça le top of mind. C’est-à-dire les 3 premières références que tu associes à un mot/une expression définie. C’est dommage dans un pays qui compte une telle variété vinicole. Et c’est encore plus flagrant quand les budgets sont restreints. Pourquoi acheter vin un Saint-Emilion 2013 très quelconque en grande distribution quand un caviste de quartier ou en ligne peut vous proposer un super Mâcon-Bussières rouge 2018 pour le même prix ? Et je ne parle même pas des mauvais champagnes vs. bons crémants. C’est la raison pour laquelle j’ai créé en parallèle de mes activités historiques de cours d’œnologie, le site Pisteur de Crus.

Quel est le cliché sur le vin qui te contrarie le plus ?

C’est un cliché présent dans trop de têtes : qu’un grand vin c’est forcément un vin rouge. Quand on me pose cette question, je ne peux m’empêcher de penser à un proche. Il veut bien mettre 20€ dans une bouteille de rouge, mais 5€ dans du blanc c’est bien assez. Et le pire c’est que ça se transmet de génération en génération. Son fils m’a tenu un peu près le même discours il y a peu. Je le cite : « le vin blanc c’est un vin de terrasse pour se rafraichir ». Ce sont loin d’être des cas isolés. Et le pire c’est que, dans le cas présent, ce sont des Bourguignons. Le grand blanc n’est pas l’apanage de la mer.

Et puisque qu’on parle cliché, quelle est la question la plus récurrente qui t’es posée sur le vin durant les ateliers pour apprendre à déguster?

Elle porte sur les vins biologiques. C’est le sujet du moment (qui dure). Il polarise les esprits. Il y a ceux qui sont contre par principe parce qu’ils pensent que ça n’est que de la com’ pour vendre des produits plus chers. A l’opposé, il y a ceux qui ne veulent pas entendre parler d’autre chose. Le fait que le vin soit bio devient, pour eux, le premier critère d’achat.

A titre personnel, je favorise les vins bios (pour l’environnement et les personnes qui travaillent dans les vignes), mais ne suis pas arc-bouté sur la question. Il faut en effet, à chaque fois, rappeler que la bio et la biodynamie sont des méthodes culturales…pas des garanties de qualité gustatives systématiques. Les qualités organoleptiques d’un vin proviennent d’une multitude de bonnes décisions prises à la vigne comme au chai tout au long de l’année. Le fait d’être en bio en est une, mais la qualité ne se cantonne pas à ça.

Il y a par ailleurs, pas mal de questions connexes à la bio qui sont généralement soulevée. Quelles sont les différentes certifications ? Combien de temps faut-il cultiver une parcelle selon les préceptes de la bio pour pouvoir prétendre à la certification ? Etc.

Quelle est l’erreur la plus souvent commise dans le service du vin ?

J’utilise de moins en moins souvent des carafes. L’idéal c’est l’ouverture de la bouteille en avance et surtout l’utilisation de verres à vin dignes de ce nom. Je ne suis pas partisan de la déclinaison de verres par cépage (même si j’en possède). A l’inverse, le verre universel, à mon humble avis, doit être banni de la table et utilisé uniquement pour les salons ou les dégustations auxquelles il est délicat d’arrivé les bras chargés. Le domicile d’un amateur de vin se doit d’être équipé d’un verre à vin blanc, un verre à Bordeaux/Côtes-du-Rhône, d’un verre à Bourgogne et d’un verre à champagne. Certes c’est un poste de dépenses conséquent, mais il ne faut pas le négliger sous peine de passer à côté de certaines bouteilles.

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