AOP Mode d’emploi

31.01.2016

En France, les autorités compétentes – l’INAO en l’occurrence- ont décidé de mettre en avant sur les étiquettes de vin les appellations d’origine protégée (AOP) plutôt que les cépages. C’est un choix qui nous distingue de ce qui se fait dans beaucoup de pays, du nouveau monde en particulier. Cela rend sa lecture, par le néophyte, plus difficile. Cela nécessite qu’il s’intéresse de plus près à nos spécificités avant d’acheter une bouteille. A l’heure où 80% des achats ont lieu en grande distribution (et où seule une poignée de secondes est consacrée à ceux-ci), certains trouvent l’approche française inadaptée.

Qu’est-ce qu’une AOP viticole?

Une Appellation d’Origine Protégée n’est rien d’autre qu’une zone géographique délimitée sur laquelle une communauté humaine a développé un certain savoir-faire. Celui-ci est consigné dans un cahier des charges auxquels toutes les exploitations se réclamant de l’A.O.P. acceptent d’adhérer. Ce n’est donc en rien une garantie d’homogénéité des sols sur lesquels sont cultivés les pieds de vigne. Ça n’est pas, non plus, une garantie de qualité car ça n’est pas lié à la météo du millésime, qui conditionne grandement la maturité du raisin. Enfin, ça encadre rarement le type d’élevage -passage en fût de bois ou pas- auquel le vin est soumis.

Illustration de vignes en AOP Rully

Les vignerons qui souhaitent avoir un choix plus large de cépages entrants dans leurs vins peuvent se tourner vers les Indications Géographiques Protégées qui offrent souvent la possibilité d’assemblages moins contraignants (bien que tout de même encadrés). Ces I.G.P. ont succédé à la dénomination Vin de Pays utilisée jusqu’à la fin de la dernière décennie et parfois associée à des vins de mauvaise qualité. Il n’en est rien. Il existe d’excellents vins issus d’I.G.P. qui se payent au prix fort.

Des dénominations qui doivent encore gagner en clarté

La loi n’autorise pas d’écrire le nom du cépage sur l’étiquette du vin, sauf en Alsace. Pourtant, il existe des Bourgogne-Chardonnay issus, non pas du village de Chardonnay -situé dans le Sud de la Bourgogne-, mais d’assemblages de plusieurs provenances en Bourgogne.

Plus au Sud, il existe une appellation Rasteau au sein de laquelle sont produits d’excellents Vins Doux Naturels. En parallèle, il existe il existe une appellation Rasteau (Côtes-du-Rhône Rasteau jusqu’en 2010) au sein de laquelle sont produits des vins rouges classiques avec, également, du grenache majoritaire. On ne facilite vraiment pas la vie du consommateur qui tente de se faire plaisir.

Et que dire de Saint-Emilion où l’on trouve des Saint-Emilion, des Saint-Emilion Grands Crus et des Saint-Emilion Grands Crus Classés ? Ces deux dernières catégories sont bien souvent confondues. Pour être Grand Cru, un Saint-Emilion doit s’engager à limiter ses rendements à la vigne et avoir un élevage de plus de 12 mois. Pour être Grand Cru Classé, il doit en plus se soumettre au classement révisable tous les dix ans.

La liste de ce type d’exemples est longue et n’aide pas celui dont l’intérêt pour le vin est naissant. C’est ici où suivre des cours d’oenologie prend tout son sens pour se repérer dans cette jungle des dénominations et appellations.

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