Acheter un vin d’une année de naissance

04.01.2021

Il est une question que l’on nous pose souvent en cours d’oenologie à domicile : vin d’une année de naissance, lequel choisir sans se tromper? Vitis Concilium vous livre ci-dessous quelques conseils pour vous guider dans le dédale des millésimes. Il s’agit de conseils généralistes et revendiqués comme tels.

Comment choisir un vin d’une année de naissance ?

On ne choisis pas son année de naissance, mais heureusement on peut choisir le vin qui célèbrera celle-ci. La météo a chaque année une grande influence sur la qualité des vins produits. La vigne a besoin d’eau au printemps pour remplir les nappes phréatiques. Elle a besoin de lumière en été (pas forcément de grosses chaleurs) pour lui permettre de faire sa photosynthèse. Mais attention, ça n’est pas tout. Les choix que font les vignerons tout au long de l’année ont également une incidence sur la qualité du vin. Le choix de la date de vendange en est un parmi tant d’autres.

Ce qui suit vous étonnera peut-être. Nous avons en tête un bon vigneron de Sancerre qui a mieux réussi son blanc 2013 que son 2014. Or, sur le papier ce dernier millésime était plus propice à faire un grand vin de cette couleur. Les exemples en la matière ne manquent pas. Les conseils prodigués ci-dessous restent dans les grandes lignes et ne rentrent pas dans le détail de chaque producteur.

Dernier détail : contrairement à l’idée souvent répandue, il n’y a pas que les rouges qui sont des vins de garde. Certains grands blancs se conservent facilement 15 à 20 ans et s’abonnissent durant cette période. Quant aux vins moelleux, ils sont le meilleur choix pour qui veut ouvrir la bouteille plusieurs décennies après la vendange.

Sur quel vin jeter son dévolu pour une naissance en 2005, 2006, 2007, 2008, ou 2009?

2005 est une année de naissance quasi parfaite pour qui aime le vin. Elle a particulièrement été favorable aux rouges des trois grandes régions viticoles françaises (Bordeaux, Bourgogne et Rhône). Attention tout de même aux extractions (à l’époque certains domaines n’ont pas fait dans la finesse). Les plus malins s’intéresseront aux rouges du Beaujolais et de Loire où ils trouveront des pépites. Les becs à sucre trouveront aussi leur bonheur avec les moelleux de cette dernière région.

2006 a bien réussi aux rouges du Sud. Les vins du Languedoc-Roussillon, du Rhône méridional et de Provence (souvent méconnue du grand public l’appellation Bandol y a produit de très grands vins) sont à privilégier..

2007 est une année d’anthologie pour les blancs d’Alsace. Le Rhône Sud (en dessous de Montélimar), la Provence et le Languedoc-Roussillon sont les quatre régions qui ont été les plus favorables aux vins rouges. Deux mille sept est aussi une très grande année pour les moelleux de Bordeaux et du Sud-Ouest.

2008 est un millésime où les blancs sont vraiment sortis du lot. En Alsace, en Bourgogne et dans la Loire ont été produites de petites merveilles d’équilibre taillées pour la garde.

2009 a été encensé partout. Ce n’est pourtant pas une opinion que nous partageons car ce fut un millésime quasi caniculaire. Les rouges de la rive gauche de Bordeaux, du Beaujolais et du Rhône Nord sont les plus réussis (sans être caricaturaux). Les moelleux de Loire valent également le détour.

Quel vin choisir pour une naissance en 2010, 2011, 2012, 2013, ou 2014?

2010 c’est l’école de fans ! C’est très bon presque partout (à part en Champagne) et toutes couleurs confondues. Certains diront que nous ne sommes pas très objectifs, mais nous assumons que ce soit notre millésime chouchou. Partir en quête d’un bon vin de cette année de naissance sera un plaisir (à part peut-être pour votre portefeuille).

2011 n’est pas de la même trempe que son prédécesseur. Bordeaux blancs et Languedoc-Roussillon rouges ont su sauver la face.

2012 est comme 2008 une année très favorable aux blancs de tous horizons. Les Rhône rouges sont ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu et les bourgognes rouges réservent de bonnes surprises.

2013 est comme 2011 un millésime assez difficile. Les Bordeaux blancs et les Provence rouges sont les vins auxquels s’intéresser en priorité. Il y a tout de même des blancs et des rouges dignes d’intérêt à découvrir en Bourgogne à condition d’être sélectif.

2014 est aussi une grande année pour les blancs. De Bordeaux à la Bourgogne, en passant par la Loire et le Rhône les acidités sont là pour faire d’excellent blancs de garde.

Quel vin acheter pour une naissance en 2015, 2016, 2017, 2018, ou 2019?

2015 est un peu l’inverse de 2014 : une année de naissance surtout favorable au vin rouge de Bourgogne, du Rhône, de Bordeaux, et de Loire. Les moelleux du Sauternais, du Sud-Ouest et de Loire sont également de très grands vins dans les domaines qui ont su préserver les acidités.

2016 est le millésime que l’on n’attendait pas à Bordeaux tant les conditions avant la vendange ont été capricieuses. En bouteille, c’est pourtant LE millésime pour les vins rouges comme il n’y en a qu’un (en principe) par décennie. Sauternes et Barsac ne sont pas en reste pour les vins moelleux. Seuls les rouges du Rhône Sud peuvent se targuer d’avoir fait aussi bon en 2016. Les Châteauneufs rouges seront des vins d’anthologie dans quinze ans et plus.

2017 est un millésime plutôt bon dans l’ensemble de l’Hexagone. Les bonnes bouteilles ne sont pas rares. Il n’en est pas pour autant une année exceptionnelle si l’on raisonne à l’échelle des différentes régions vinicoles. Mais si nous devions ne retenir qu’une seule réussite régionale, cela serait surement le Languedoc.

2018 a été encensé sur toutes les ondes (wifi incluses). Chez Vitis Concilium, nous sommes plus réservés que la moyenne des professionnels de la profession. Certes, les raisins ont atteint de belles maturités. Cependant, une partie des vins sont marqués par l’alcool, le sucre et une richesse un peu trop exubérante à notre goût. Ils peuvent s’avérer fatigants à la dégustation. Pourtant une région sort du lot dans ce millésime : le Beaujolais. Bien des Morgon et Moulin-à-vent risquent d’agréablement vous surprendre entre 2030 et 2040.

2019 n’est pas encore en bouteille partout au moment où nous écrivons ces lignes. De ce qu’il nous a été donné de goûter en Bourgogne et Bordelais, ce millésime est très prometteur en rouge. Les blancs -bien que généralement peu marqués par l’acidité- semblent trouver leur équilibre. La raison de cette réussite? Une année à l’été chaleureux, qui contrairement au millésime précèdent, n’a pas pour autant gommé les subtilités qu’offre le terroir. Bref, une année à suivre de près. D’autant que les quantités ne sont malheureusement pas toujours au rendez-vous. Une chose est sûre: n’y en aura pas pour tout le monde.

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